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Grands lacs

Un puissant séisme secoue la région

05/12/2005

Plusieurs instituts spécialisés dans l’observation des tremblements de terre ont détecté, lundi en début d’après midi, un séisme très puissant en Afrique, dans la région du lac Tanganyika. Pour le moment, il y a peu de victimes.


Le séisme, d'une magnitude de 7,5 sur l'échelle ouverte de Richter, a eu lieu près de la rive est du lac Tanganyika.

(Carte : GéoAtlas/RFI)

L’Institut américain de recherche sismique a détecté un tremblement de terre de magnitude 6,8 sur l’échelle de Richter, lundi en début d’après midi, dans la région du lac Tanganyika. La secousse a également été enregistrée par un organisme français, lui aussi spécialisé dans l’étude des tremblements de terre. En revanche, cet Observatoire des sciences de la terre attribue une plus grande magnitude à ce séisme, estimée à 7,5 sur cette même échelle de Richter.

Des victimes à Kalemie

L’observatoire français indique que l’épicentre du tremblement de terre se situe au sud-ouest de la ville de Mpanda, en Tanzanie. «L’épicentre se situe à peu près à une dizaine de kilomètres sous terre, il est donc possible que la secousse ait été largement ressentie», a déclaré un sismologue de l’Institut strasbourgeois. La secousse s’est produite à environ 1 000 kilomètres au sud-ouest de Nairobi. A Kalemie, dans l’est de la République du Congo, des maisons ont été détruites et les habitants font état de morts et de blessés. «Nous n’avons encore aucun bilan», a indiqué un responsable onusien en poste à Kinshasa.

Selon plusieurs témoignages rapportés par les agences de presse, le tremblement de terre a été ressenti au Kenya, au Burundi, au Rwanda, en Tanzanie, en République démocratique du Congo, et en Ouganda.

A Nairobi, la capitale du Kenya, les principaux immeubles du centre de la ville ont été évacués dans la précipitation. Une télévision kenyane a par ailleurs indiqué que des fissures ont été observées sur des bâtiments. «Le secousse a duré environ 15 secondes, et nous avons décidé de quitter l’immeuble», a indiqué un journaliste de l’Agence France presse travaillant à Nairobi. D’après l’Agence météorologique kenyane, aucune victime n’est à déplorer.

A Arusha, ville du nord de la Tanzanie où se trouve le siège du tribunal pénal international pour le Rwanda, les juges, procureurs et avocats et autres agents, sont sortis des prétoires et des bureaux. Le séisme a également été ressenti à Kigali, la capitale rwandaise, et à Bujumbura, la capitale burundaise. Un chauffeur de taxi, travaillant dans cette ville, a indiqué n’avoir vu aucun bâtiment endommagé.

Le rift d’Afrique de l’Est est une zone d’intense activité volcanique et sismique. Large d’une cinquantaine de kilomètres, cette zone s’étire du nord au sud sur plus de 3 000 kilomètres, de l’Ethiopie jusqu’au fleuve Zambèze. C’est dans ce sillon que se sont formés les grands lacs. De nombreuses villes se sont installées sur leurs rives, qui servent de frontières entre plusieurs pays de la région.

«Des études récentes ont montré que plusieurs régions de la Vallée du Rift et de l’océan Indien allaient connaître des coulées de boue, des tremblements de terre et des éruptions volcaniques», a expliqué un géologue de l’université de Nairobi.

En octobre 2000, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,6 sur l’échelle de Richter avait déjà secoué la Tanzanie, provoquant des fissures dans des maisons situées à plus de 100 kilomètres de l’épicentre. Aucune victime n’avait été déplorée. Le séisme s’était produit dans une région rurale et peu peuplée, autour de la péninsule de Kipili, toujours dans cette région du lac Tanganyika.

«C’est (un tremblement de terre) relativement rare dans cette région, qui n’est pas une zone de rencontre de grandes plaques tectoniques», a encore indiqué un sismologue de l’observatoire français. La plaque africaine plonge en effet en Mer Rouge, puis plus au sud, rencontre en plein océan Indien la plaque qui porte l’Australie et l’Inde.


Colette Thomas

Article publié le 05/12/2005

Dernière mise à jour le 05/12/2005 à 17:31 (heure de Paris)

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